Cusco

Au cours de leur hégémonie, les Incas étaient passés maîtres dans l’art subtil de la taille de blocs polygonaux disposés à joints vifs sans le moindre interstice. Cette technique, caractéristique de leur période, assurait une parfaite cohésion de l’appareillage et un maintien à toute épreuve des édifices. Une organisation de la cité en différents quartiers avait été planifiée, avec la création de plusieurs fontaines et un système complexe de canaux adjacents permettant d’assainir la ville.

Ces mêmes canaux reliaient également les édifices religieux dans lesquels l’eau jouait un rôle primordial lors des cérémonies. Au centre de cet ensemble urbain, le sanctuaire de Coricancha incarnait la force politique et religieuse des Incas. Un vaste réseau de salles était dédié aux principales divinités et huaca présentes dans le Tahuantinsuyu et organisant le monde andin. Chaque pièce était parée de métaux précieux, ce qui valut à l’édifice l’appellation d' »enceinte d’or ». De ce sanctuaire majeur de la ville de Cusco rayonnait un système de lignes imaginaires approvisionnant les différentes régions en énergie vitale, le pouvoir inca assurant de la sorte la fertilité dans l’ensemble des territoires intégrés à son empire.

Huaca

S’il existe une notion essentielle pour comprendre le monde andin -préhistorique et contemporain- , c’est bien celle de huaca. Une huaca est tout élément matériel ou immatériel, incarnant la notion de sacré. Ainsi, ce titre peut être donné aux divinités régissant le Monde, tels le Soleil, l’Éclair ou la Terre.

Il peut également s’agir d’éléments naturels importants dans les croyances andines, comme une grotte ou un lac, ou d’éléments constitués par les hommes, les temples ou les sanctuaires servant de demeures terrestres aux entités divines. Le terme de huaca peut même s’appliquer à des êtres humains sacralisés. Par exemple, un Inca, en tant que dirigeant choisi par les dieux et considéré comme un descendant direct du Soleil, peut incarner par sa personne cette notion de huaca.

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