Nasca

Puis, lors du déclin de ce groupe, aux alentours du VIIe siècle après J.-C., la totalité du sanctuaire sera ensevelie artificiellement avant d’être abandonnée, rendant ainsi les édifices à la nature qui les avait vus naître. Pour l’archéologie, cette pratique d’abandon ritualisé s’avère bénéfique car elle permet de les préserver parfaitement des  outrages du temps et des hommes.

Des hommes dans leur milieu

Autour de ces centres cérémoniels, en bordure des zones arides, plusieurs communautés vivaient regroupées. Leur existence quotidienne n’était permise que par l’exploitation de deux ressources locales. La première était assurée par les eaux froides de l’océan Pacifique, fournissant du poisson en quantité et toute une faune maritime abondante – notamment par la présence de colonies d’otaries sur les îles littorales. La seconde consistait en une exploitation agricole intensive des sols arides dans les vallées, rendue possible uniquement par un système d’irrigation très développé : puisque les eaux en surface sont relativement restreintes, la population nasca alla s’approvisionner directement dans les rivières souterraines descendant de la cordillère.

Des puits de l’époque nasca, appelée puquios, sont pour certains encore utilisés à l’heure actuelle par leurs descendants. De la sorte, ces terres côtières fournissaient maïs, haricots, piment, poivre et coton, dont une partie était échangée sur de longues distances contre d’autres ressources.

Des textiles ouvragés

Parmi les éléments importés des hauteurs des Andes, la laine de camélidé permit à la culture nasca de se perfectionner dans la confection de textiles polychromes finement ouvragés. Plusieurs pièces de textile ont été retrouvés en contexte funéraire, parfaitement préservées.

Entourant le corps du défunt, ces linceuls atteignant parfois plusieurs mètres de longueur étaient disposés en couches successives afin d’honorer le mort et de l’accompagner dans l’au-delà. Les parures de plumes et les ornements en or associés témoignent encore du prestige de la civilisation nasca et de sa parfaite utilisation de son environnement.