Uxmal

Un art décoratif abouti

Les décorations en pierre et stuc sont très abondantes sur les façades des édifices et rehaussent le prestige de l’architecture d’Uxmal. Aux motifs  purement géométriques viennent se mêler des formes figuratives représentant des temples traditionnels miniatures servant de niches à des sculptures de personnages.

L’une des plus belles réalisations reste sans nul doute cet ensemble de serpents à sonnette entremêlés parcourant toute la longueur de la façade, leur gueule grande ouvert dévoilant un visage humain. Des mascarons représentant le visage stylisé de Chac, le dieu maya de la pluie, viennent rythmer ces frises décoratives  et renvoient inlassablement au milieu environnemental humide de cette région du Yucatan.

La culture maya

Les traits caractéristiques de la culture maya sont l’expression, à un moment donné et dans une aire géographique délimitée, d’une certaine identité allant de pair avec la valorisation d’un pouvoir d’élite local. Les cités entrent en compétition, des dynasties apparaissent et, avec elles, certains modes stylistiques, idéologiques et architecturaux. Tout comme la mise en place de ces procédés se fait sur une longue période de temps, la fin du phénomène culturel maya n’est pas due à une disparition brutale et soudaine.

Simultanément à l’extension de la sphère d’influence du nouveau pouvoir toltèque en Méso-Amérique, la part identitaire maya va progressivement perdre de sa vigueur et se faire plus discrète, jusqu’à être totalement intégrée sous la domination toltèque. Mais même si cette expression régionale, vecteur d’une forte revendication identitaire ponctuelle, connaît un déclin, la population qui lui est rattachée perdurera et peuple toujours les anciennes terres mayas. Le site d’Uxmal est un très bon exemple, avec une occupation continue jusqu’au XVe siècle.

Le Palais du Gouverneur

Dans la partie sud du site d’Uxmal s’élève une imposante terrasse artificielle, le fameux Palais du Gouverneur. Long de 120 mètres, les pièces se multiplient grâce à l’emploi toujours plus important de la fameuse voûte à encorbellement maya qui atteint ici des proportions impressionnantes.

Le jeu de balle

L’une des caractéristiques culturelles majeures de l’ère méso-américaine préhispanique est la présence presque incontournable de terrains de jeu de balle associés aux sites.

Loin d’être une pratique ludique, il s’agit d’un acte ritualisé au cours duquel deux équipes s’affrontaient en reproduisant la course du Soleil au moyen d’une balle de caoutchouc. Le jeu s’achevait par un sacrifice humain censé redonner vie et énergie à l’astre solaire.