Palenque

Dans cette région du Mexique où la chaleur et l’humidité sont omniprésentes et la végétation luxuriante, la redécouverte au cours du XIXe siècle de vestiges d’antiques cités a été le point de départ d’un intérêt nouveau pour ces civilisations exotiques. L’image de pyramides oubliées – et d’autres édifices monumentaux totalement recouverts par des arbres gigantesques- a forcément impressionné le monde occidental de l’époque. Aujourd’hui encore, la simple évocation de la civilisation maya nous renvoie à cet imaginaire perdu.

Un contexte, une vision

La redécouverte des sociétés du passé se fait dans un contexte d’effervescence intellectuelle. Après les campagnes napoléoniennes en Egypte, à la suite des premiers travaux sur les sites classiques grecs et romains, le regard des chercheurs et des collectionneurs passionnés se tourne vers les horizons lointains et méconnus de l’Amérique pré-hispanique.
Les premières descriptions qui seront faites des basses terres du Mexique et les artefacts qui en sont ramenés posent alors les fondations d’une nouvelle archéologie. La région maya, et avec elle le site de Palenque, est le lieu de toutes les attentions.
Avec son architecture massive, ses grandes pyramides et esplanades, sa décoration en bas-relief et des nombreuses sculptures, la culture maya a inspiré les chercheurs et leurs contemporains.

L’archétype de la cité Maya

Le site de Palenque s’est développé au cours du Ier millénaire de notre ère. L’ensemble présente plusieurs édifices dispersés sur des terrasses artificielles s’adaptant au relief local.
Parmi les plus importantes figurent le Palacio et le Temple des inscriptions dont les décorations stuquées montrent une gamme riche en couleurs. Bien que la pierre soit utilisée dans toute l’architecture, le plan des structures s’inspire directement des cabanes traditionnelles en bois de l’époque maya.
Ainsi, les parois prennent la forme de colonnes, les cordages deviennent des motifs de croisillons, et le toit pentu en feuilles de palme donne naissance à un système de voûtes en encorbellement.
De la sorte, le temple devient au sens propre la « demeure » de la divinité. Dans ce monde végétal, la recherche architecturale tend vers une verticalité exacerbée des édifices, impression renforcée par l’emploi de crêtes sommitales décoratives.
L’art du travail de la pierre prend toute sa mesure dans la dentelle créée par ces crêtes disposées au sommet des temples et s’élançant à l’assaut de la cime des arbres.
Vue comme le pendant américain de la prestigieuse civilisation grecque, la culture maya servit de valeur étalon à partir de laquelle furent caractérisés tous les autres phénomènes. Dans cette ancienne vision des sociétés du monde méso-américain, tout ce qui est antérieur aux Mayas semblent inabouti, tout ce qui survient par la suite ne pouvant être que décadent en comparaison.
Même si la nouvelle école de pensée rompt avec cette lecture subjective des civilisations pré-hispaniques, il n’en reste pas moins que la culture maya bénéficie toujours d’une aura particulière.